Triple A : quel effet sur le marché immobilier ?

Quels effets de la dégradation de la notation française sur le marché immobilier ?

Pour appréhender le risque de non remboursement du capital ou des intérêts d’une dette, les agences de notation (Standard and Poor’s, Moody’s et Fitch) utilisent des notations financières.
La note AAA (ou "triple A") constitue la meilleure de ces notations financières. Ce qui veut dire que le risque qu’un emprunteur ne rembourse pas ses dettes ou n’en paye pas les intérêts est jugé comme « très faible ».

Pourquoi la récente dégradation de la note triple A de la France inquiète ?

Étant donné que c’est la qualité de la notation financière d’un État qui conditionne le niveau des taux d’intérêts des emprunts qu’il peut être amené à effectuer. Même si les premières tendances ne vont pour le moment pas dans ce sens, la perte de la note AAA pour la France devrait néanmoins amener à terme une augmentation des taux d’intérêts demandés pour emprunter sur les marchés financiers.

En pratique, les taux devraient remonter pour la France, les prêteurs ayant anticipé la perte du triple A, car on observe en effet l’augmentation de l’OAT 10 ans depuis quelques mois.

On peut donc dire, d’une certaine manière, que la mauvaise santé financière de la France était d’ores et déjà prise en compte par les prêteurs.

Mais bien entendu, la perte effective du triple A devrait encore faire croître cet indice, ce qui rendrait les prêts d’argent plus onéreux.

Alors, quel effet sur le marché immobilier français ?

La hausse importante des taux d’intérêt sur les prêts immobiliers réduirait ipso facto la capacité des acheteurs français avec, pour corolaire, une chute des prix de l’immobilier.

La majorité des financements immobiliers ayant recourt à un prêt bancaire, les budgets des acheteurs s’en trouveraient sensiblement réduits.

Relativisons néanmoins, car les primo acheteurs seront plutôt gagnants si hausse des taux et baisse des prix se conjuguent, grâce à l’impact important d’une baisse des prix sur le budget total d’achat.

Pour les propriétaires qui souhaitent s’agrandir (ou se rapetisser !) là aussi ils devraient être gagnants.

Rappelons que c’est principalement le niveau très bas des taux d’intérêts vis-à-vis de l’inflation qui a favorisé l’envolée des prix et des achats immobiliers. Logiquement donc, une nette remontée des taux doit venir appuyer une baisse générale des prix.

Quelle augmentation des taux ?

C’est LA grande inconnue !

La France conserve de meilleurs atouts économiques et financiers que ses voisins italiens et espagnols chez lesquels l’OAT 10 ans peut atteindre de 6 à 8% !

Alors, sauf si les banques sont dans la nécessité d’augmenter leurs marges sur les crédits immobiliers, nous devrions rester dans une fourchette de taux comprise entre 4 et 4,5%. Gageons que ce soit le cas !

Conclusions pour les acheteurs : carpe diem !

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